Youth Democracy Cohort https://youthdemocracycohort.com/fr/ Tue, 07 Apr 2026 13:26:28 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://youthdemocracycohort.com/wp-content/uploads/2023/03/cropped-logo-negative-Edited-32x32.png Youth Democracy Cohort https://youthdemocracycohort.com/fr/ 32 32 221427783 Quand Internet ralentit, la démocratie décline : l’accès au numérique est un droit, pas un luxe https://youthdemocracycohort.com/fr/quand-internet-ralentit-la-democratie-decline/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=quand-internet-ralentit-la-democratie-decline Wed, 08 Apr 2026 09:28:19 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=21268 Je me souviens que lorsque j’étais à Bamenda, vers 2017, la coupure d’Internet n’a pas seulement interrompu notre connexion par fibre optique ; elle a coupé notre lien vital avec le monde. Alors que notre organisation prenait de l’ampleur, le noir numérique s’est abattu sur nous, et […]

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Je me souviens que lorsque j’étais à Bamenda, vers 2017, la coupure d’Internet n’a pas seulement interrompu notre connexion par fibre optique ; elle a coupé notre lien vital avec le monde. Alors que notre organisation prenait de l’ampleur, le noir numérique s’est abattu sur nous, et cela a duré des mois. Puis est arrivé le COVID-19, créant une véritable tempête d’isolement. Alors que nos pairs du monde entier passaient à l’enseignement en ligne et au plaidoyer à distance, nous étions pris au piège d’un double confinement : physique et numérique. J’ai assisté, impuissant, à la dissolution de partenariats internationaux durement acquis et à la perte d’étapes décisives dans le domaine de l’éducation, simplement parce que mon adresse IP avait été, en quelque sorte, mise sur liste noire en raison de ma situation géographique et de la politique menée par mon État.

Donner les moyens d’agir aux jeunes : le rôle de la participation numérique

En tant que fondateur de United Youths Organization (UYO) et militant pour la jeunesse, j’ai pu constater comment le rétrécissement de l’espace numérique au Cameroun réduit au silence notre jeunesse, notamment en raison d’un accès limité à Internet et de la suppression des droits numériques, qui entravent une participation significative des jeunes aux processus démocratiques. L’initiative intitulée « Engagement des jeunes dans les processus démocratiques au Cameroun », dans le cadre du projet Digitalise Youth, est notre réponse délibérée pour redonner voix à cette génération. Opérant dans des régions touchées par la crise, telles que le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, nous avons continué à nous concentrer sur la réduction du fossé entre l’élite au pouvoir et la jeunesse. L’un des piliers de notre travail est l’organisation d’une Conférence nationale inclusive pour la défense des jeunes, au cours de laquelle nous avons rédigé un document de plaidoyer officiel visant à inciter le gouvernement à favoriser l’inclusion numérique. Parallèlement, notre campagne #YouthVoiceNaPowa vise à promouvoir la démocratie numérique tout en luttant contre la désinformation qui alimente les conflits et en renforçant la sécurité en ligne.

Au cours du dialogue de plaidoyer organisé dans la région de l’Extrême-Nord, nous avons examiné comment les technologies numériques allaient influencer le changement avant, pendant et après les élections présidentielles. Depuis lors, nous avons vu de jeunes militants utiliser des plateformes telles que WhatsApp, Telegram et TikTok pour contourner les médias proches du pouvoir et lancer des campagnes virales ciblant des millions d’électeurs. Cela a créé une trace numérique transparente qui a rendu la fraude électorale traditionnelle nettement plus difficile à dissimuler. Nous avons formé des jeunes à l’utilisation d’outils de vérification des faits basés sur l’IA afin de démystifier la désinformation et les deepfakes, et nous avons vu de jeunes militants s’en servir lors des élections présidentielles de 2025. Cette vague numérique a transformé les smartphones en boucliers de la démocratie, amplifiant la voix des jeunes Camerounais, en particulier ceux des régions difficiles d’accès et en crise. Notre action de plaidoyer à l’UYO a transformé les téléphones portables en outils de responsabilisation.

La voix des jeunes : droits numériques, un cœur qui bat pour la démocratie

Pour moi, les droits numériques sont au cœur même de la démocratie camerounaise moderne. Nous portons encore les séquelles de 2017, année marquée par une coupure d’Internet de 230 jours dans les régions anglophones, une période durant laquelle la participation citoyenne a été réduite au silence de force et où les jeunes ont été coupés de la scène internationale.

Alors que les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient plongées dans le noir numérique, nous n’avons pas attendu que la fibre optique soit rétablie. Avec l’aide de quelques jeunes passionnés de technologie, j’ai mis en place un réseau maillé localisé à l’aide de routeurs réutilisés, dans un sous-sol caché de Bamenda. Nous avons transformé les victimes de la coupure en serveurs humains ; nous ne nous sommes pas contentés de parler de droits, nous avons trouvé un moyen de les exercer lorsque l’État a tenté de nous faire disparaître. Nous avons prouvé que même dans l’obscurité totale, on ne peut pas faire taire une communauté déterminée à se faire entendre.

Nous devons mobiliser la prochaine génération et dépasser le militantisme traditionnel pour adopter une stratégie plus résiliente, fondée sur le récit. La liberté ne s’achète pas auprès d’un fournisseur ; le pouvoir doit passer du « kill switch » à la communauté pour garantir que le signal survive au silence. En considérant les jeunes comme le moteur du mouvement plutôt que comme un simple public cible, nous avons créé un modèle de leadership décentralisé qui s’adapte plus rapidement que n’importe quel système de censure.

Plaidoyer pour la gouvernance numérique

Pour déclencher une véritable révolution numérique, le gouvernement doit combler le fossé creusé par les crises dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, de l’Extrême-Nord et de l’Est. Tout d’abord, la connectivité doit être considérée comme un outil de consolidation de la paix ; les décideurs doivent s’engager à mettre définitivement fin aux coupures d’Internet dans les zones de conflit, en reconnaissant que le Web est une bouée de sauvetage pour l’éducation et l’aide humanitaire, et non une menace pour la sécurité. Nous avons besoin de pôles d’innovation numériques spécialement conçus pour les jeunes et les jeunes femmes déplacées, afin de garantir que celles et ceux qui fuient la violence ne soient pas également exclus de l’économie mondiale.

De plus, le Cameroun doit réformer ses lois restrictives sur le cyberespace, qui visent souvent les jeunes militants, en remplaçant la surveillance par la sécurité. En créant un Conseil national de la jeunesse numérique qui garantisse la représentation des dix régions, le gouvernement peut faire passer les jeunes du statut d’utilisateurs passifs à celui d’architectes des politiques publiques. Le cœur de l’Afrique, c’est sa jeunesse, mais une fracture numérique menace de faire taire ce pouls vibrant. Pour libérer le potentiel du continent, les dirigeants doivent considérer l’accès à Internet comme un droit fondamental plutôt que comme un luxe, en réduisant considérablement les coûts des données et en étendant les infrastructures jusqu’aux zones rurales les plus reculées. Cependant, nous avons besoin de cadres solides et harmonisés en matière de protection des données qui protègent les jeunes créateurs contre la surveillance et les coupures arbitraires d’Internet. Il est essentiel de cesser d’élaborer des politiques pour les jeunes et de commencer à les co-créer avec eux. Il faut mettre en place des Assemblées régionales de la jeunesse numérique où de jeunes militants siègent à la table des décisions, façonnant les algorithmes et les lois qui régissent leur vie.

En favorisant la culture numérique, les dirigeants peuvent faire passer l’Afrique du statut de simple consommateur de technologies à celui de puissance mondiale en matière d’innovation. L’avenir de la démocratie africaine ne repose pas seulement sur les urnes ; il réside dans le code, dans le cloud et dans les voix courageuses de ses plus jeunes citoyens.

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[WEBINAR] Digital Rights and Grassroots Democracy https://youthdemocracycohort.com/fr/webinar-digital-rights-and-grassroots-democracy/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=webinar-digital-rights-and-grassroots-democracy Tue, 07 Apr 2026 11:52:17 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=21440 Across Sub-Saharan Africa, youth are bypassing traditional political barriers by using digital tools to organize and demand accountability. While technology offers powerful new avenues for grassroots participation, it also introduces risks like surveillance and digital exclusion.  To address this, Kevin Waigwa Gichuhi from Nuru Trust Network is […]

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Across Sub-Saharan Africa, youth are bypassing traditional political barriers by using digital tools to organize and demand accountability. While technology offers powerful new avenues for grassroots participation, it also introduces risks like surveillance and digital exclusion. 

To address this, Kevin Waigwa Gichuhi from Nuru Trust Network is hosting an interactive session for the Youth Democracy Cohort (YDC) to explore how digital rights support democratic action. 

Through breakout groups, participants will co-create practical, grassroots-driven digital responses for inclusive governance.

PRACTICAL INFO

  • Registration is mandatory
  • 🗓 21 April at 13:30 CEST Time on Zoom (Zoom link will be shared the day before with registered participants)
  • Live interpretation will be available in French and Spanish, subject to attendance
  • Don’t miss this opportunity to join the conversation and learn new skills!

Questions? Reach out to info@youthdemocracycohort.com

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YDC Participates https://youthdemocracycohort.com/fr/ydc-participates/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=ydc-participates Tue, 31 Mar 2026 05:30:05 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=21160 The Youth Democracy Cohort is excited to announce the launch of “YDC Participates”, our brand new participatory platform designed to strengthen how we support our members! This dedicated space will allow Youth Democracy Cohort members to share their ideas, needs and priorities, helping us decide what activities […]

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The Youth Democracy Cohort is excited to announce the launch of “YDC Participates”, our brand new participatory platform designed to strengthen how we support our members!

This dedicated space will allow Youth Democracy Cohort members to share their ideas, needs and priorities, helping us decide what activities the Cohort will implement in our three areas of work:

Research
Advocacy
cso support

Your contributions will directly inform YDC’s work, ensuring our activities and initiatives are responsive, relevant and member-driven.

Join one of our upcoming workshops to discover the platform and learn how you can share your ideas with us:

🗓 Option 1: Wednesday 22 of April | 10:00 CET / 16:00 PST – Register

🗓 Option 2: Wednesday 22 of April | 16:00 CET / 10:00 ET – Register

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[WEBINAR] Internet Repression x Uganda Elections https://youthdemocracycohort.com/fr/webinar-internet-repression-x-uganda-elections/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=webinar-internet-repression-x-uganda-elections Wed, 04 Mar 2026 12:06:10 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=20533 This session will explore the challenges surrounding electoral periods, particularly internet shutdowns and restrictions on access to information.  In the first part, Ifenla and Julius, YAB members,  will share the experience in Uganda during the 2021 and 2025 elections, discussing Julius’ candidacy, the protection measures put in […]

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This session will explore the challenges surrounding electoral periods, particularly internet shutdowns and restrictions on access to information. 

In the first part, Ifenla and Julius, YAB members,  will share the experience in Uganda during the 2021 and 2025 elections, discussing Julius’ candidacy, the protection measures put in place, and the strategies young people can adopt when internet access is restricted.

The second part will focus on the advocacy efforts from ABLOGUI (Guinean bloggers association), a youth organisation, that led to ECOWAS condemning Guinea in 2020 for violations of the right to information and freedom of expression, offering practical insights for youth organisations seeking to undertake similar actions.

PRACTICAL INFO

  • Registration is mandatory
  • 📅 10 March, 2PM CEST Time on Zoom (Zoom link will be shared the day before with registered participants)
  • Live interpretation will be available in French and Spanish, subject to attendance
  • Don’t miss this opportunity to join the conversation and learn new skills!

Questions? Reach out to info@youthdemocracycohort.com

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Une nouvelle année, engagement renforcé : Les résolutions de la Cohorte Démocratie & Jeunesse pour 2026 https://youthdemocracycohort.com/fr/resolutions-de-la-ydc-pour-2026/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=resolutions-de-la-ydc-pour-2026 Wed, 14 Jan 2026 10:00:00 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=19210 Alors que nous entrons dans une année charnière pour la démocratie dans le monde, la Cohorte Démocratie & Jeunesse réaffirme sa mission : veiller à ce que les jeunes ne soient pas seulement inclus dans la vie politique et civique, mais qu’ils y soient véritablement habilités. Grâce […]

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Alors que nous entrons dans une année charnière pour la démocratie dans le monde, la Cohorte Démocratie & Jeunesse réaffirme sa mission : veiller à ce que les jeunes ne soient pas seulement inclus dans la vie politique et civique, mais qu’ils y soient véritablement habilités. Grâce à nos partenariats croissants à travers différentes régions et secteurs, nous sommes mieux placés que jamais pour faire avancer cet agenda. Cette année, nous nous engageons à prendre quatre résolutions concrètes qui reflètent à la fois les réalités auxquelles les jeunes sont confrontés et la force collective de notre réseau.

1. Élargir la représentation des jeunes

Les jeunes des régions sous-représentées, des zones rurales et des communautés marginalisées restent systématiquement exclus des discussions politiques. La YDC continuera d’étendre sa portée et ses structures de soutien pour s’assurer que ces voix, souvent les plus touchées par l’érosion démocratique, façonnent les décisions qui ont un impact sur leur vie. La représentation doit refléter la réalité et non les privilèges.

2. Lier la participation au changement de politique

La participation des jeunes ne peut s’arrêter à la consultation. En 2026, nous visons à approfondir les mécanismes d’engagement afin que les contributions des jeunes aient une influence mesurable sur les politiques et les programmes. Avec nos partenaires, nous ferons pression en faveur de modèles de participation qui garantissent le suivi, la responsabilité et un pouvoir de décision significatif.

3. Souligner l’impact mondial de la jeunesse

Trop souvent, le leadership des jeunes reste invisible. En diffusant davantage d’histoires de jeunes acteurs du changement, à travers les continents, les disciplines et les mouvements, nous mettrons en évidence l’impact réel que les jeunes ont déjà réalisé. Ces histoires ne sont pas seulement une source d’inspiration ; elles prouvent que l’investissement dans la participation des jeunes donne des résultats tangibles.

4. Renforcer les liens entre les gouvernements, les OSC et les jeunes

Un changement démocratique durable nécessite une collaboration. Cette année, la YDC continuera à renforcer les partenariats avec les gouvernements, les organisations de la société civile et les groupes de jeunes afin de créer des espaces communs de confiance et d’action. La participation effective des jeunes dépend d’institutions qui écoutent, répondent et travaillent avec les jeunes en tant que partenaires égaux.

5. La participation des jeunes n’est pas une case à cocher

C’est la co-création, la co-décision et la co-propriété de l’impact. Les jeunes doivent être habilités non seulement à s’exprimer, mais aussi à façonner le travail et les résultats à nos côtés. Laissez les jeunes s’exprimer et agir.

6. En 2026, la participation des jeunes signifie plus qu’être entendu

Cela signifie une participation active au changement. Pour l’avenir, notre ambition est de faire en sorte que les jeunes ne soient pas des observateurs passifs ou des contributeurs symboliques, mais des acteurs centraux de la transformation démocratique dans leurs communautés et au-delà.

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La démocratie a besoin d’un dialogue intergénérationnel https://youthdemocracycohort.com/fr/la-democratie-a-besoin-d-un-dialogue-intergenerationnel/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-democratie-a-besoin-d-un-dialogue-intergenerationnel Wed, 26 Nov 2025 09:16:30 +0000 https://youthdemocracycohort.com/democracy-needs-intergenerational-dialogue/ Pendant très longtemps au Kenya, les jeunes comme moi ont été considérés comme apolitiques. Cependant, les membres de la Gen Z et les millenials ont commencé à montrer leur l’intérêt pour la politique. Lors des dernières élections présidentielles de 2022, la plupart des jeunes ont choisi de […]

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Pendant très longtemps au Kenya, les jeunes comme moi ont été considérés comme apolitiques. Cependant, les membres de la Gen Z et les millenials ont commencé à montrer leur l’intérêt pour la politique. Lors des dernières élections présidentielles de 2022, la plupart des jeunes ont choisi de ne pas voter lorsqu’ils ont été confrontés à ce qu’ils considéraient comme un choix entre deux maux. Aujourd’hui, nous commençons à être confrontés aux conséquences de nos choix. Lorsque le gouvernement actuel a présenté le projet de loi de finances 2024, qui introduisait des taxes sur les produits de base, il a suscité un débat public et des critiques quant à son impact potentiel sur le coût de la vie. Les jeunes en ont conclu que la classe politique n’avait pas nos intérêts à cœur. Avaient-ils seulement pensé à nos préoccupations ? Ce sentiment d’exclusion et de négligence a débouché sur un soulèvement qui a conduit à la première « occupation » du parlement kenyan par des citoyens. En tant que jeune photographe, j’étais là pour documenter et assister au début d’une révolution à laquelle je suis fier de participer.

Jeremiah Onyango présente sa photographie gagnante lors de la Journée internationale de la démocratie à Bruxelles en 2025.
Jeremiah Onyango présente sa photographie gagnante lors de la Journée internationale de la démocratie à Bruxelles en 2025.

Mon image d’un jeune Kenyan agenouillé dans le Central Business District lors de la manifestation et tenant le drapeau kenyan a attiré l’attention et m’a permis de me rendre à Bruxelles pour montrer mes photos lors de la Journée internationale de la démocratie (IDD). Les événements dont j’ai été témoin pendant les manifestations, tels que l’utilisation par la police de gaz lacrymogènes et les tirs inconsidérés sur les jeunes, ont montré un manque de considération pour les jeunes vies, tant de la part des forces qui devraient nous protéger que de la part d’un gouvernement qui s’était démocratiquement défini comme « pour le peuple, par le peuple ». Et tout cela parce que nous avons demandé des comptes. Je me souviens avoir demandé à un policier anti-émeute : « Vous ne vous souciez pas de l’avenir de vos enfants ? ». Il m’a répondu : « Nyinyi Gen Z Mnasumbua (« Vous, les membres de la génération Z, vous êtes une nuisance« ).

Mon travail de photographe documentaire et d’artiste de la justice sociale a toujours été de capturer ce que je voyais et entendais et de le présenter à des citoyens concernés et experts. En tant que traducteur et expert citoyen, je pense que la vague actuelle d’urgence démocratique doit être satisfaite par une collaboration qui crée une confiance intergénérationnelle. Dans cet espace pro-démocratique, qui écoute les jeunes voix (africaines) ? C’est la première chose à laquelle j’ai pensé en entrant dans les locaux de l’Union européenne, le deuxième jour de la conférence de l’IDD à Bruxelles.

Alors que nous observons tous ce qui se passe dans différentes parties du monde, il est nécessaire de créer un espace de compréhension entre les différentes générations. Le plaidoyer politique s’est presque toujours concentré exclusivement sur la sensibilisation des leaders d’opinion et des acteurs influents, tout en ignorant la génération souvent désignée comme les futurs leaders – mais qui est peu représentée.

L’expérience de cette journée importante pour la démocratie en Europe a été pour moi un moment de réflexion. M’asseoir et écouter des personnes qui partagent la même préoccupation pour les droits de l’homme, la justice sociale et l’égalité a été non seulement un privilège, mais aussi un défi : j’ai réalisé que je devais toujours m’interroger et rester curieux sur mon rôle en tant que jeune Africain, et faire savoir que la lutte pour la bonne gouvernance et une démocratie centrée sur les citoyens devrait être la priorité numéro un en Afrique, en Europe et dans le monde entier.

IDD a été l’occasion d’une célébration globale de la démocratie qui m’a donné de l’espoir et m’a rappelé que nous sommes tous confrontés à une lutte similaire, voire identique, pour la libération. Cependant, les personnes les plus touchées par la démocratie ne sont pas bien représentées et il en est ainsi depuis longtemps dans les relations avec nos gouvernements locaux et dans les espaces internationaux. Est-ce parce que les personnes chargées du développement démocratique ne jouent pas pleinement leur rôle et acceptent des demi-vérités au lieu de chercher à comprendre pourquoi tout cela se produit ?

Mon souci n’est pas de remettre en question le rôle du soutien à la démocratie, mais de montrer pourquoi il faut le faire correctement. Si l’inclusion est vraiment importante, nous devons nous préoccuper de la manière dont l’histoire de la démocratie est racontée. Nous ne devons pas invalider les jeunes ou les expériences vécues par quiconque. À mesure que les jeunes prennent conscience de leur rôle – et des risques encourus -, nous devons veiller à ce que l’élaboration des politiques et le langage politique deviennent plus digestes, plus accessibles et plus compréhensibles. Pour moi, la véritable préoccupation est la suivante : obtenons-nous des réponses incomplètes aux questions relatives à notre avenir démocratique en valorisant des processus démocratiques qui affaiblissent l’appropriation citoyenne au lieu de la renforcer ? J’espère que mon travail créatif incitera les jeunes à s ‘impliquer réellement dans la politique, car c’est notre vie et notre avenir qui sont en jeu.

En savoir plus sur l’auteur Jeremiah Onyango

Jeremiah est un photographe documentaire et un artiste de la justice sociale qui est né et a grandi à Kibra, une communauté dynamique située à la périphérie de Nairobi. Animé d’une passion inébranlable pour la narration visuelle, il a consacré sa vie à capturer l’essence de son environnement à travers l’objectif de son appareil photo.

Son voyage est inspiré par les histoires de la vie quotidienne qui se déroulent autour de lui à Kibra. Jeremiah est attiré par la résilience, l’espoir et les rêves qui alimentent l’existence de ses concitoyens. À travers ses photographies, Jeremiah s’efforce de faire la chronique de nos vies quotidiennes, en mettant en lumière le caractère unique de ma communauté.

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[WEBINAR] Youth in Protests https://youthdemocracycohort.com/fr/webinar-youth-in-protests/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=webinar-youth-in-protests Fri, 21 Nov 2025 11:16:40 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=18424 In this interactive session, we’ll explore the growing wave of youth-led mobilisations taking place around the world from Bangladesh to Tanzania, Madagascar, Nepal, Morocco, and beyond. Participants will hear directly from young organisers about the strategies, creative tactics, and safety approaches fueling these movements. Together, we will […]

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In this interactive session, we’ll explore the growing wave of youth-led mobilisations taking place around the world from Bangladesh to Tanzania, Madagascar, Nepal, Morocco, and beyond. Participants will hear directly from young organisers about the strategies, creative tactics, and safety approaches fueling these movements. Together, we will examine how youth build momentum, protect themselves in high-risk environments, and translate online expression into coordinated, measurable action.

You will meet Rafid Ariyan, a youth activist, storyteller and artist from Bangladesh. He works at the intersection of digital rights, youth engagement, and artivism, using creative tools to empower young people and strengthen civic participation. Rafid was one of the leading youth voices amplifying the July Uprising 2024 in Bangladesh, helping document, narrate and creatively interpret the movement through art and digital storytelling.

We are also pleased to welcome Radak Sammy, a Kenyan Youth leader, Healthcare leader, and Democratic Governance advocate. Radak is passionate about strengthening youth participation in empowering impact in healthcare, business, and governance, and building the next generation of leaders. He will discuss how young people can organise safely during protests, protecting their lives, identities, and democratic gains in high-risk environments. 

PRACTICAL INFO

  • Registration is mandatory
  • 📅 December 2, 1PM CEST Time on Zoom (Zoom link will be shared the day before with registered participants)
  • Live Interpretation will be available in French and Spanish, subject to attendance
  • Don’t miss this opportunity to join the conversation and learn new skills!

Questions? Reach out to info@youthdemocracycohort.com

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Comprendre et traiter le désarroi actuel de la jeunesse africaine en 3 points https://youthdemocracycohort.com/fr/le-desarroi-actuel-de-la-jeunesse-africaine/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=le-desarroi-actuel-de-la-jeunesse-africaine Wed, 19 Nov 2025 09:51:07 +0000 https://youthdemocracycohort.com/?p=18281 par Maurice Thantan Comment impliquer davantage les jeunes africains dans la gouvernance de leurs pays afin que les politiques publiques nationales puissent non seulement être pensées pour eux mais surtout avec eux autour de la table de décision ? Cette interrogation dont la réponse sonne aujourd’hui comme […]

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par Maurice Thantan

Comment impliquer davantage les jeunes africains dans la gouvernance de leurs pays afin que les politiques publiques nationales puissent non seulement être pensées pour eux mais surtout avec eux autour de la table de décision ? Cette interrogation dont la réponse sonne aujourd’hui comme une urgence absolue était au cœur deux jours de réflexion à Johannesburg en Afrique du Sud. Les 10 et 11 novembre 2025, la cinquième édition du Symposium du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) sur la jeunesse a réuni plusieurs centaines de jeunes autour du thème : « Jeunesse et gouvernance : de la promesse à la prospérité »

Plus qu’un forum de plus, ce rendez-vous est apparu comme un moment décisif pour entendre la voix des jeunes dans un contexte marqué par la multiplication des mouvements de mécontentement illustrant le désarroi des jeunes dans plusieurs pays du continent. Après avoir suivi l’ensemble des discussions, interrogé plusieurs jeunes participants et échangé avec quelques-uns, trois points d’attention m’ont marqué qu’il m’a semblé utile de partager dans ce billet de blog.

Les jeunes africains ne peuvent plus attendre

Le premier constat que j’ai fait lors de ce symposium et qui fait écho au bouillonnement presque généralisé de la jeunesse du continent est sans équivoque : la jeunesse africaine manifeste une impatience marquée face à des promesses non tenues et à un futur qui tarde à se construire. Victimes de la corruption des dirigeants et conscients de leur potentiel, ils exigent des actions concrètes immédiates dans le sens du changement.

Les données du réseau Afrobarometer confirment cette tension : dans 39 pays d’Afrique, 64 % des jeunes (18-35 ans) déclarent préférer la démocratie à tout autres régimes de gouvernance mais 60 % estiment que celle-ci ne fonctionne pas comme elle devrait. Ce constat illustre leur quête profonde d’une démocratie substantive pour reprendre l’expression du professeur Achille Mbembé. Le philosophe et directeur de la Fondation de l’innovation pour la démocratie explique que “celle-ci ne se limiterait pas aux élections. Elle aurait pour but l’amélioration des conditions matérielles d’existence des populations, la libération des femmes, la sécurité écologique et environnementale et un minimum de soins, de justice et de dignité pour tous.”

Parallèlement, l’emploi reste la priorité absolue des jeunes. En effet, 37 % des jeunes interrogés identifient le chômage comme le problème gouvernemental le plus urgent. Ce contraste entre diplôme élevé (les jeunes sont plus instruits que leurs aînés) et chômage massif installe une frustration profonde. Le continent africain compte 60-65 % de personnes de moins de 35 ans mais voit cette majorité plonger dans « des taux de pauvreté dépassant souvent les 80 % ».

Comme on a vu à Madagascar, le chômage des jeunes et la faiblesse des services publics qui annihilent toutes les tentatives d’auto-entreprise et la corruption généralisée constituent les éléments caractéristiques de la grande exaspération des jeunes qui conduisent au soulèvement populaire. 

La libération de l’espace numérique est un impératif

Dans un contexte de restriction de l’espace civique marqué par le musellement systématique voire systémique des médias traditionnels, l’espace numérique reste le dernier rempart et l’ultime espace d’expression et celui prisé des jeunes. Sa libération est donc un impératif. L’inverse devient un accélérateur de la fronde sociale qui se mue rapidement en révolte populaire.

Mais pourquoi libérer l’espace numérique est un impératif ? D’abord pour ne pas taire la voix des jeunes ce qui n’est qu’un agent de frustration supplémentaire. Vous ne pouvez pas priver quelqu’un d’opportunités économiques et aussi le priver de la parole. Ensuite pour permettre aux jeunes de continuer à saisir les opportunités que le numérique offre aujourd’hui. 

En effet les jeunes maîtrisent les réseaux sociaux, ils utilisent ces plateformes pour s’exprimer mais aussi pour gagner leur vie. Ils utilisent les applications de messagerie pour s’organiser et  devenir des acteurs de changement dans leurs communautés. Ils apprennent en ligne via les Mooc pour acquérir des compétences numériques pour entreprendre dans ce secteur. 

Malheureusement force est de constater que ces dernières années, plusieurs gouvernements africains ont multiplié les initiatives légales et ou réglementaires pour restreindre les possibilités d’accès aux espaces numériques notamment pour s’exprimer.

En Afrique les coupures d’Internet en période électorale ou durant les manifestations est devenue une arme aux mains des dirigeants. La taxation excessive de l’accès à Internet est un fléau qui ralentit l’expression du potentiel entrepreneurial des jeunes alors que l’administration publique ne peut pas absorber l’effectif de jeunes diplômés qui sortent des universités et que le secteur privé peine à offrir des emplois décents aux jeunes. Or les Nations Unies ont clairement indiqué que « bloquer notre accès à l’Internet constitue une violation évidente de nos droits humains ».

À ce titre, il me plaît de reporter ici l’ensemble des recommandations proposées par Melvin Songwe, un des participants au symposium, lors d’une session parallèle organisée par la Youth Democracy Cohort et Afrobarometer sur le thème « Voix des jeunes en chiffres : Transformer les analyses en actions». Ces recommandations pour un futur numérique africain favorable aux jeunes s’adressent à la fois à l’Union africaine et aux organisations d’intégration sous-régionales. 

À l’Union africaine, voici ce qui est recommandé : 

Aux organisations d’intégration sous-régionales (Cedeao, Cemac, etc.) voici ce qui est recommandé :

Un dialogue intergénérationnel franc et volontaire est indispensable

Le paysage socio-politique africain, dans sa grande majorité, est marqué par une réalité contrastée. D’une part, il y a des leaders politiques et des dirigeants qui sont en place depuis plusieurs dizaines d’années. Ceux-ci sont héritiers d’une époque qui est totalement en déphasage avec le contexte actuel et sont assis sur une façon de faire les choses d’un monde dépassé. 

D’autre part, il y a les jeunes (notamment ceux qui sont nés au début des années 2000) qui sont frappés de plein fouet par des préoccupations existentielles auxquelles les premiers n’arrivent pas à apporter des réponses concrètes, objectives et opportunes. 

De fait, entre les jeunes et leurs aînés, il s’est creusé un fossé abyssal dont la réduction nécessite des actions urgentes. En effet, une sagesse africaine bien connue indique que “c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tresse la nouvelle”. Aussi, plusieurs études ont-elles conclu que « la jeunesse africaine peut être une opportunité si bien encadrée, ou une source de risque si mal orientée ». Pour éviter de faire face au désarroi d’une jeunesse qui, ayant tout perdu, descende dans la rue et oblige un Chef d’Etat démocratiquement élu à fuir ou la répression policière violente des manifestants, une seule solution s’impose : un dialogue intergénérationnel franc et volontaire.

À mon avis, c’est le seul moyen d’éviter d’amplifier la rupture de confiance déjà existante et qui ne conduirait que vers un affrontement violent comme on le voit déjà ici et là. Car les jeunes le disent et l’ont répété au cinquième forum du MAEP : “nous n’avons plus peur des balles”. À ce titre, il faut déjà saluer l’initiative du MAEP qui a rassemblé les aînés et les jeunes autour de la table de discussion.

En conclusion, le symposium de Johannesburg a levé le voile sur un sentiment diffus mais puissant : la jeunesse africaine ne veut plus attendre. Elle a les compétences, elle a la voix, mais elle réclame d’être au plus près de la table décisionnelle. Les politiques publiques africaines ne peuvent plus ignorer cette exigence. À titre personnel, je crois fermement que l’implication structurée et stratégique des jeunes est non seulement une question de justice générationnelle, mais aussi une condition de stabilité et de prospérité pour l’Afrique aujourd’hui et demain.

Le défi est double : libérer les espaces numériques, et structurer la participation de la jeunesse dans le système politique, non pas comme une faveur mais comme un droit. Si cet appel n’est pas entendu, le mécontentement pourrait se transformer en convulsion démocratique. Mais si ces trois axes sont activés — institutionnalisation, autonomisation, redevabilité — alors une nouvelle ère participative pourrait s’ouvrir.

Maurice Thantan

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Jubilee Road: Réflexions sur l’ouverture, l’inclusion et les jeunes LGBTQIA+ dans la gouvernance https://youthdemocracycohort.com/fr/reflexions-sur-l-ouverture-l-inclusion-et-les-jeunes-lgbtqia-dans-la-gouvernance/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=reflexions-sur-l-ouverture-l-inclusion-et-les-jeunes-lgbtqia-dans-la-gouvernance Thu, 06 Nov 2025 14:01:32 +0000 https://youthdemocracycohort.com/reflexions-sur-l-ouverture-l-inclusion-et-les-jeunes-lgbtqia-dans-la-gouvernance/ Godfred Kuttin est cofondateur et directeur exécutif adjoint de la Youth Initiative Foundation, une organisation dirigée par des jeunes et axée sur les jeunes, qui s’engage à faire progresser les droits des personnes LGBTQIA+, l’égalité des genres, l’autonomisation des jeunes et la promotion d’une gouvernance ouverte pour […]

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Godfred Kuttin est cofondateur et directeur exécutif adjoint de la Youth Initiative Foundation, une organisation dirigée par des jeunes et axée sur les jeunes, qui s’engage à faire progresser les droits des personnes LGBTQIA+, l’égalité des genres, l’autonomisation des jeunes et la promotion d’une gouvernance ouverte pour des sociétés plus inclusives. Avec une formation diversifiée en sciences de la mer et des certifications en technologies numériques et en formation, Godfred exploite les outils numériques pour promouvoir les droits humains.

Quelque part entre Bilbao et Accra, alors que les lumières de l’Espagne s’estompaient sous les nuages, je me suis retrouvée à écouter « Jubilee Road » de Tom Odell. La chanson était diffusée doucement dans mes écouteurs et, d’une manière ou d’une autre, chaque mot était empreint d’une certaine familiarité. Un sentiment tranquille de réflexion, de résilience, d’appartenance, d’histoires inachevées et d’espoir. Odell parle d’une rue remplie de voisins et de vies quotidiennes qui s’entrecroisent.

Tout en écoutant, j’ai pensé au Sommet mondial du Open Government Partnership (OGP) auquel je venais d’assister à Vitoria-Gasteiz, et au fait qu’à bien des égards, la communauté de la gouvernance ouverte ressemble à cette rue : un lieu d’idéaux partagés, de réalités imparfaites et de recherche d’appartenance.

Pour moi, Jubilee Road est devenue plus qu’une chanson. Elle est devenue une métaphore du voyage vers l’inclusion. OGP, comme cette route, est jalonné de promesses et de conversations, mais aussi de silences, en particulier pour les jeunes LGBTQIA+ comme moi. En parcourant les sessions, en entendant les appels à la transparence, à la responsabilité et à la co-création par les jeunes, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’absence discrète de représentation LGBTQIA+ dans nos discussions sur l’ouverture.

Le silence dans la salle

Représentant la Youth Initiative Foundation et faisant partie de la délégation de la Youth Democracy Cohort, je suis arrivé au Sommet avec un profond sentiment d’espoir. J’ai rencontré de jeunes leaders passionnés et j’ai écouté des décideurs politiques engagés dans la construction de démocraties plus responsables. Pourtant, dans ces mêmes salles, j’ai souvent ressenti l’écho d’un silence, que de nombreux jeunes LGBTQIA+ reconnaîtraient. Alors que nous parlions d’inclusion, peu de gens parlaient en notre nom.

Selon des données récentes de l’OGP, moins de 10 % des pays membres ont pris des engagements explicites en faveur de l’inclusion des personnes LGBTQIA+ dans leurs plans d’action nationaux, et aucun pays d’Afrique ne l’ a fait jusqu’à présent. Cet écart reflète une hésitation plus générale qui empêche l’ouverture de devenir universelle. De nombreux délégués africains, malgré leur passion pour la démocratie, ont soigneusement pris leurs distances avec les questions LGBTQIA+, ce qui montre à quel point les récits moraux et culturels continuent de façonner le discours politique sur le continent.

Au Ghana, par exemple, le projet de loi sur la promotion des droits sexuels humains et des valeurs familiales ghanéennes (récemment réintroduit au Parlement) montre que la politique est souvent définie par l’exclusion morale, et non par l’inclusion démocratique. Pour les jeunes LGBTQIA+ et leurs défenseurs, ce moment souligne pourquoi l’inclusion dans des espaces de gouvernance ouverts ne peut être retardée. Il ne s’agit pas seulement d’une question de politique, mais de protection et de survie.

Sur la Jubilee Road

Notre voyage, comme la symbolique Jubilee Road, est loin d’être terminé. Mais chaque conversation, chaque acte d’ouverture et chaque jeune qui refuse de se taire nous rapproche un peu plus de cette maison commune où l’égalité n’est pas conditionnelle et où l’appartenance n’est pas débattue. L’ouverture est un chemin que nous parcourons ensemble.

Si nous croyons vraiment à l’esprit d’un gouvernement ouvert, l’inclusion ne peut être conditionnelle. La prochaine phase de l’OGP doit dépasser la rhétorique pour aboutir à des engagements mesurables.

L’OGP devrait exiger des États membres qu’ils ventilent les données relatives à la participation des groupes marginalisés, y compris les personnes LGBTQIA+ , dans leurs rapports sur les plans d’action nationaux. Ce qui est mesuré est traité. Sans cette visibilité, nous ne pouvons pas suivre les progrès ou tenir les gouvernements responsables de processus de co-création réellement inclusifs.

Des exemples concrets existent déjà et devraient être activement promus. Le plan d’action national 2021 de l’Argentine comprend des engagements spécifiques visant à améliorer l’accès des personnes transgenres aux services publics. L’Uruguay a intégré des engagements antidiscriminatoires fondés sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. L’OGP devrait soutenir la reproduction de ces modèles dans les pays membres, en particulier dans les régions où de tels engagements sont actuellement absents.

L’OGP devrait également formaliser des partenariats avec des réseaux LGBTQIA+ établis qui peuvent apporter leur expertise et leur soutien. Des organisations comme ILGA World, Pan Africa ILGA et OutRight International ont des dizaines d’années d’expérience en matière d’élaboration de politiques inclusives avec les gouvernements. En intégrant ces acteurs dans les processus de co-création par le biais de rôles consultatifs, d’une assistance technique ou d’une participation directe à l’élaboration des plans d’action nationaux, les États membres ont accès à des cadres éprouvés et à une expérience vécue.

Les partenaires de la société civile au sein des réseaux de l’OGP doivent créer des espaces sûrs pour la participation des jeunes LGBTQIA+. Cela signifie qu’il ne suffit pas de nous inviter à la table, mais qu’il faut nous protéger contre la discrimination, fournir des ressources pour un engagement significatif et amplifier nos voix dans les processus de prise de décision.

Les jeunes LGBTQIA+ d’Afrique et d’ailleurs méritent plus qu’une reconnaissance, ils méritent une représentation. Faisons en sorte que le prochain chapitre du gouvernement ouvert soit celui où chaque voix, en particulier la plus marginalisée, contribue à écrire l’histoire de la transparence et de la transformation.

Car tant que chaque citoyen.ne, quelle que soit son identité, ne pourra pas emprunter la Jubilee Road sans crainte ni exclusion, la marche vers l’ouverture restera incomplète.

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